Le phénomène Bad Bunny décrypté par Claudia Terrade

Paru dans le magazine Ice Cream – Mars 2026 (Vol.5), cet article explore comment la musique latino, portée par des figures comme Bad Bunny, influence notre manière de voyager et de percevoir les cultures, en résonance avec la vision de Quimbaya Latin America : un tourisme fondé sur l’immersion, la rencontre et l’authenticité.

Il arrive parfois qu'un artiste dépasse le simple cadre de la musique pour devenir un phénomène culturel mondial. C'est le cas de Bad Bunny.

En quelques années, le chanteur portoricain a conquis la planète, transformant ses chansons en hymnes festifs en espagnol, sa langue, en passerelle vers une culture que beaucoup découvrent avec curiosité.

Mais derrière les milliards d'écoutes et les tournées planétaires, il y a surtout une île : Puerto Rico.

Une île vibrante, lumineuse, musicale. Une terre où la fête est une manière de vivre, où les rues de San Juan résonnent de reggaeton, de salsa et de rires tard dans la nuit.

Et pourtant, cette île porte une singularité. Située au cœur des Caraïbes, Puerto Rico est à la fois profondément latino et lié aux Etats-Unis par un statut particulier d'Etat libre associé.

Une identité multiple, parfois méconnue, que Bad Bunny met en lumière dans ses clips, ses concerts et ses paroles.

Avec ses chansons, il ne fait pas que divertir. Il raconte. Il transmet. Il revendique.

Il a donné envie à des millions de personnes d'apprendre l'espagnol, de comprendre ces rythmes venus des Caraïbes, et parfois même de réserver un billet d'avion — non seulement pour Porto Rico, mais pour découvrir toute la richesse des cultures latino-américaines.

Car la musique a ce pouvoir singulier : celui de donner envie de voyager.

Dans un monde qui semble parfois se refermer sur lui-même, où les tensions internationales se multiplient et où les frontières se durcissent, les cultures continuent pourtant de circuler.

Une chanson traverse les océans, une danse franchit les continents, une langue devient soudain familière.

Le tourisme, lui aussi, peut — et doit — jouer ce rôle.

Non pas comme une industrie qui consomme les destinations, mais comme un espace de rencontre entre les peuples et leurs cultures.

Voyager nous rappelle une chose essentielle : lorsque nous arrivons dans un pays, nous sommes des invités.

Pas des conquérants modernes ni des conquistadors armés de monnaies fortes.

Les destinations ne sont pas des terrains de conquête, mais des cultures vivantes qui nous accueillent et nous transmettent une part d'elles-mêmes.

C'est dans cet esprit que certains acteurs du tourisme façonnent leur vision du voyage.

Claudia Terrade, fondatrice de Quimbaya Latin America, défend depuis plus de 35 ans une approche fondée sur l'immersion et la rencontre.

Son réseau, présent dans onze pays d'Amérique latine, s'appuie sur des équipes locales : guides, experts culturels, communautés — qui conçoivent expériences au plus près des réalités du terrain.

Ici, le voyage ne se consomme pas. Il se vit.

On ne traverse plus un pays pour pouvoir dire « je l'ai fait ». On s'y arrête. On écoute. On comprend.

Le tourisme devient alors ce qu'il aurait toujours dû être : un dialogue entre les cultures.

À sa manière, Bad Bunny participe aussi à cette dynamique.

En diffusant la culture portoricaine à travers le reggaeton — né du reggae panaméen et porté au monde par les artistes de l'île — il rappelle que la musique, comme le voyage, rapproche les peuples.

Et que parfois, un simple refrain suffit à donner envie de découvrir une île, une langue, une culture.

Car au fond, voyager n'est pas seulement se déplacer.

C'est apprendre à regarder l'autre.

1/ Qu'en pense Claudia Terrade, CEO et spécialiste de toute l'Amérique Latine ?

Wow, je n'en pense que du bien et je te confirme que c'est exactement cela, ce que nous faisons depuis 39 ans : Montrer aux professionnels français et du monde entier, que leurs passagers peuvent venir comprendre par eux-mêmes, l'histoire des 5 derniers siècles entre plusieurs continents : une histoire d'échanges pas toujours équitables, qui ont donné naissance à des peuples résilients, créatifs, heureux dans toutes circonstances, festifs et ayant le sens de la danse et la musique.

Nous avons toujours voulu montrer notre région d'une manière vivante, loin des clichés et des stéréotypes, une région où vivent de gens accueillants et chaleureux.

2/. Pensez-vous que la notoriété de BAD BUNNY servira à donner une autre image de l'Amérique Latine ?

Le monde nous présente chaque jour son lot de surprises.Début février la culture latino, le reggaeton et la langue espagnole étaient à l'honneur grâce à Bad Bunny. Fin février, une guerre éclate et l'industrie du Tourisme est de nouveau fortement affectée.Plus que jamais, nous avons besoin de douceur et de gaité et la musique latino a autant de douceur que de force pour nous montrer que tout ne peut pas être triste et déprimant.

La musique est un refuge pour ceux qui ont besoin de bouger. Ceux qui voudront bouger pourront venir en Amérique Latine. La musique est un refuge pour ceux qui ont besoin de bouger. Ceux qui voudront bouger pourront venir en Amérique Latine

3/. Quel est pour toi, le futur proche du tourisme en Amérique Latine dans le contexte international?

Difficile pour nous de ne pas penser à ce qui s'est passé il y a 37 ans en 1989, quand, à la suite du conflit entre le gouvernement colombien et les mafias locales, notre toute jeune agence réceptive de Colombie a été brutalement stoppée.

C'est dans ce contexte que nous avons décidé de lancer l'Equateur et c'est ainsi que notre encore plus jeune agence équatorienne démarre sa prospection et frappe aux portes d'un grand tour opérateur français qui est venu voir sur place et qui a été étonné par la fraicheur du pays, ses gens et sa culture vivante.

Nous étions loin d'imaginer qu'une autre guerre allait aussi éclater en 1990, une guerre similaire à celle que vit le Moyen Orient aujourd'hui. Mais, nous étions encore plus loin d'imaginer que cette guerre allait accélérer le lancement de ce petit pays, inconnu à l'époque.

Quelques mois après, nous commençons à recevoir en Equateur les groupes qui devaient se rendre au Moyen Orient. Pour nous, c'était un 2eme démarrage et finalement, celui qui nous a fait devenir ce que nous sommes aujourd'hui.

Nous avons compris ce que le mot « résilience » voulait vraiment dire.Depuis toutes ces années nos 1l destinations ont vécu toute sorte de situations et à chaque fois, notre capacité de résilience a été mise à l'épreuve... et nous sommes toujours là !

Si l'histoire se répète 35 ans après, l'Amérique latine qui est épargnée dans ce nouveau conflit, deviendra aussi un refuge et cela nous le voyons déjà.Depuis bientôt 1 mois, le nombre de demandes que nous recevons habituellement, a presque doublée.

Difficile de faire des prédictions mais le futur de l'Amérique Latine peut être radieux tant les voyageurs ont besoin de constater qu'il y a des pays où la joie de vivre existe et là, les idées préconçues passent au second plan.

4/ Quelles sont les destinations les plus demandées actuellement ?

Le pays qui a battu tous les records ces 3 dernières semaines, c'est le Brésil. Les voyageurs recherchent de plus en plus des régions peu connues comme les Lençois Maranhenses et le Pantanal mais Rio est toujours la vedette de la destination.

5/. Quelle destination souffre de son succès?

Je ne dirai pas que nous avons une ou plusieurs destinations qui « souffrent » de leur succès. C'est plutôt, nous qui souffrons car il n'est pas toujours facile de loger tout le monde.

Je pense au Costa Rica dans certaines régions comme Tortuguero et Monteverde, par exemple, où le pays manque d'hôtels et où parfois les passagers ont du mal à comprendre que l'offre est restreinte et modeste.

6/. Quelles destinations sont encore à découvrir en Amérique latine ? 

Tous les pays ont toujours des expériences nouvelles à faire vivre et à découvrir mais nous pensons que la BOLIVIE, le GUATEMALA et le PANAMA, ont encore beaucoup à montrer.

Un désert de sel unique au monde comme le Salar d'Uyuni, l'impressionnante pyramide de Tikal ou encore le Parc National de Coïba, sont des lieux à connaitre sans aucun doute.

De plus, les cultures vivantes de ces 3 pays sont totalement préservées et protégées : les traditions, les valeurs, l'art, la danse et la musique sont intactes et cohabitent en harmonie avec le monde moderne.

Si te quieres divertir con encanto y con primor
Solo tienes que vivir (¿Pa' dónde?) un verano en Nueva York (¡Nueva York!)
Si te quieres divertir con encanto y con primor (¿Pero qué es esto?)
Solo tienes que vivir (¿Y este frio?) un verano en Nueva York (Un ratito na' má')

7/ Quel est votre engagement auprès des agences recherchant un partenaire fiable pour les destinations latines?

Pendant plus de 3 décennies, nous avons construit de vrais partenariats avec nos clients basés sur la confiance, le respect et le professionnalisme.

Nous voulons surtout que notre modèle de partenariat avec des grandes entreprises avec lesquelles nous avons lancé une OU plusieurs destinations, persiste et continue à servir d'exemple.

Un vrai partenariat se construit sur la confiance. Quand on connait son partenaire, quand on a confiance en lui parce que l'on sait qu'il fera tout pour que les passagers communs vivent leur rêve d'Amérique Latine comme cela a été prévu et, en toutes circonstances.

Le respect est un autre pilier essentiel dans un vrai partenariat. Quand il y a du respect envers le travail de chacun, nos équipes sont honorées et fières de servir nos partenaires.

Le professionnalisme est obligatoire.En 39 ans d'existence, nous avons vécu toutes sortes de situations et, comme entreprise, nous exigeons de nos collaborateurs les connaissances techniques indispensables à l'exercice de notre métier.

Aussi, nous sommes très exigeants quant au respect de nos procédures, mais, le plus important est sans doute qu'ils adhérent à 100% aux principes et aux valeurs éthiques de notre entreprise.

C'est cela qui assurera à nos partenaires la fiabilité, le respect et la maîtrise technique de notre activité en tant que mc pionnier et leader en Amérique Latine.

8/. Claudia, où allons-nous danser la bachata pour les 40 ans de Quimbaya Latin America?

Ah, cela est une très bonne question ! Nous avons encore le temps de réfléchir au lieu mais ce sera sûrement en MUSIQUE !!